4 Défis VUCA

Les coachs professionnels certifiés seront-ils des visionnaires à l’avant-garde pour que cette occupation – encore récente – survive?

 

• Volatilité (Volatility) – Pandémie et un monde de plus en plus digital, incluant l’IA – Intelligence Artificielle.

Des algorithmes intelligents peuvent déjà mener une conversation de coaching de base, grâce au modèle GROW à des coûts minimes. Les formules prévisibles sont dorénavant vendues comme des commodités. 

La maîtrise d’outils de pointe émanant des neurosciences et l’empathie garderont la pleine Valeur Ajoutée des coachs professionnels certifiés, face aux avancées en IA. 

Découvrir les atouts de l’IA devient un élément de formation continue pour demeurer à jour peu importe notre profession.

La pandémie due au coronavirus et son lot d’impacts sur les entrepreneurs, l’économie, les gouvernements, les employés, les travailleurs autonomes et les familles a éveillé à l’essentiel et l’important pour chacun de nous. Certains leaders ont utilisé l’année 2020 comme tremplin et choisi un coach professionnel certifié pour prendre une longueur d’avance.

• Incertitude (Uncertainty) – Offre excédentaire et hétérogène.

Le coaching exécutif s’est développé rapidement et encore plus, depuis une quinzaine d’années.  Bref, une véritable bulle du coaching peut-elle être sur le point d’éclater à cause des 3 éléments suivants?

1) des milliers de coachs nouvellement qualifiés qui apparaissent sur le marché chaque année à travers le monde
2) les grandes entreprises réduisent régulièrement la taille de leur effectif exécutif et de gestion
3) les entreprises s’améliorent dans le développement de coachs internes efficaces et l’intégration du coaching dans les rôles de leadership

Certains exécutifs ou entrepreneurs recherchent un Coach/Mentor.  Cette personne possède alors toutes les compétences et instincts non directifs d’un coach, mais avec en plus, un cheminement leur permettant de tirer parti de leur propre expérience.

Les écoles de coaching impriment des diplômes. Il ne faut pas leur en vouloir… C’est leur vocation et leur gagne-pain. Dans plusieurs pays, elles laissent sortir sur le marché des étudiants avec moins de 150 heures de formation (par exemple: les coachs ACC de l’Association ICF). Parlez-en à certains coachs débutants – ayant investis plus de 12 000$ ou Euros – et à qui on a fait croire durant leur formation en coaching qu’ils pourraient coacher dans le monde corporatif, alors qu’ils n’y ont jamais mis les pieds.

Quant aux membres certifiés auprès de la SICPNL, ceux-ci possèdent la formation préalable la plus exigeante et la plus longue, avec 1000 heures de formation/supervision.

• Complexité (Complexity) – Pollution, changements climatiques et mouvements verts. De égosystème à écosystème?

Le coaching systémique a pris une ampleur considérable ces dernières années, toutefois un sous-groupe restreint de coachs a été formé à ces méthodes ou encore, possède la richesse et la variété d’expériences nécessaires.

Avec des changements de plus en plus rapides et imprévisibles dans toutes les sphères de la vie et du monde des affaires, de nouvelles compétences doivent être au rendez-vous pour envisager les écosystèmes, complexes par définition. 

Les coachs séniors peuvent se démarquer ici.  Pourquoi? Parce que la très grande majorité des coachs accompagnent leur client sur le plan individuel, dans leur cheminement pour une transformation personnelle. En mettant à profit leur expérience en gestion, en gouvernance dans monde des affaires et leurs compétences en neurosciences, en psychologie positive ou en prévention santé, ils peuvent alors contribuer à des changements significatifs et durables. Des éléments saboteurs ou toxiques peuvent miner ses efforts, si le coaché n’est pas incité à y porter attention adéquatement et écologiquement.  Bref, tour à tour miser ou savoir reconnaître des Effets Placebo, Nocebo ou encore des Effets Pymalion ou Golem fait partie des compétences d’un coach professionnel certifié digne de ce nom.

Accompagner le leader et son équipe et ainsi

  • leur permettre d’influencer favorablement le système dont ils font partie: leur santé, leurs cerveaux par la neuroplasticité, leur environnement, croyances ou valeurs;
  • appuyer celle ou celui à la tête d’une transformation de culture pour son organisation.

La maîtrise de concepts de gestion du changement, d’architecture organisationnelle, les impacts des innovations technologiques, le coaching agile sont des atouts que plusieurs coachs juniors ne possèdent pas et qui favorisent les coachs professionnels certifiés depuis plusieurs années et qui améliorent sans cesse leurs compétences.

• Ambiguïté (Ambiguity)
Au même titre que des avocats criminalistes travaillent pour la défense, certains coachs soutiennent des cadres à l’égo surdimensionné (et parfois potentiellement narcissiques) dans leur ascension au sommet des organisations, sans s’occuper des implications. Certains diront que c’est o.k. et que ce n’est qu’un travail bien rémunéré.

Les coachs socialement engagés et actifs pour un leadership de plus en plus conscient choisissent leurs clients. Certains coachs alignent dorénavant leur pratique sur les 17 objectifs pour sauver le monde de l’ONU, des objectifs de développement durable. Certains québécois ont découvert leur existence en 2020 grâce à l’épinglette du Dr Horacio Arruda.

Les associations professionnelles offriront peu à peu des outils de recherche permettant de mieux repérer ce qui préoccupe les coachs et ceux qui s’intéressent aux impacts collectifs – voulant servir de leviers aux grands enjeux de société, tels que :
– prévention, santé, vitalité et bien-être
– changement climatique
– pauvreté, etc.

3 observations

1) Démocratisation du coaching

Au début, le coaching se concentrait sur une élite privilégiée, relativement riche et éduquée – d’abord les athlètes de haut niveau, ensuite les exécutifs.

Par la suite et depuis une dizaine d’années, le coaching s’est étendu aux gestionnaires ambitieux ou à haut potentiel. 

De nos jours, les entrepreneurs et individus souhaitant réussir ou s’épanouir retiennent les services d’un coach professionnel certifié. 

En 2020, grâce à un Sommet de 5 journées offrant des ateliers sur le coaching, les fonctionnaires du gouvernement fédéral canadien découvrent ou en apprennent davantage sur ce mode de développement professionnel.  Plusieurs coachs professionnels certifiés de la SICPNL ont contribué en y offrant des sessions pro bono.

2) Défi de la diversité :

La « rencontre de chimie» où un coaché choisit son coach, fait en sorte que celui-ci a tendance à choisir un coach au profil similaire (cheminement, profession, personnalité et/ou tempérament). De façon inconsciente cela peut priver le client de nouvelles perspectives – une situation similaire se produit pour les conseils d’administration. D’ailleurs les bonnes pratiques en gouvernance incitent les présidents de CA à veiller à rechercher des administrateurs variés ou issus de minorités pour assurer une variété des points de vue et mitiger les risques d’une pensée uniforme ou qui converge trop vite.

3) Fin du rouleau compresseur de la culture américaine ?

Un mouvement de résistance croissant est observé en Asie-Pacifique et en Afrique. Dans les régions du monde où le déploiement de chapitres de l’ICF – une association de coaching américaine – n’a guère été remis en question, l’accréditation signifie parfois l’abandon de racines culturelles profondes. 

Quant aux coachs professionnels certifiés de la SICPNL (www.sicpnl.org), ils ont appris à valoriser et voir les ressources du modèle du monde unique de chaque coaché.  Ils possèdent des outils pour déceler et être attentifs aux croyances et modes de pensée. La formation en programmation neurolinguistique ou PNL offre possiblement un avantage pour une tendance lourde: celle du D&I (Diversité et inclusion) – qui s’est récemment transformée en DE&I (Diversité, équité et inclusion).  Certains professionnels en RH ont d’ailleurs fait de cette préoccupation pour l’inclusion une réelle spécialité dans le contexte vécu par les américains en 2020.

Les biais cognififs de type WEIRD en sciences sont déjà décriés:  

WEIRD = Western – Educated -Industrialized – Rich – Democratized countries.

Le TED Talk de Joy Buolamwini – vu depuis novembre 2016 par plus de 1,340 million de personnes – fait la lutte aux biais cognitifs dans les algorithmes utilisés en intelligence artificielle (IA).

Si les biais cognitifs et les neurosciences vous intéressent, ou encore la reconnaissance des émotions par les expressions faciales, écrivez-moi à roxane@evolutrek.com.

J’ai couvert ce thème dans un mémoire déposé il y a déjà quelques années en y démontrant que les travaux de Paul Ekman PhD américain sur les émotions sont présentement extrêmement controversés – possiblement la fin d’un paradigme? Parmi de nombreux autres qui ont été bouleversés en 2020…

Quelles sont les implications pour 2021 et l’avenir ?

  • Quels impacts auront ces observations sur la pratique professionnelle en coaching ?
  • Comment ces observations et défis peuvent-ils être stimulants pour imaginer et créer un avenir prometteur ?

Faites-moi part de vos commentaires et observations:  roxane@evolutrek.com

Bon début d’année 2021 !

Roxane Vézina, ing., ASC

Coach professionnelle certifiée

Expertise en NeuroLeadershift ™

Membre SICPNL et ICF